Matt Cutts nous demande de dénoncer l’achat de liens texte
Le dimanche 15 avril 2007 à 07:09 :: Google :: #103
Matt Cutts vient de publier une série de billets sur son blog, concernant l’achat de liens texte.
Dans un premier billet, il nous informe que Google va prêter à l’avenir une plus grande attention aux liens achetés.
Il commence en douceur, en expliquant que les liens cachés ( texte blanc sur fond blanc, masqués par le biais des CSS etc…) c’est vraiment pas bien. C’est trompeur.
Soit, jusque là d’accord, rien de surprenant. Mais il poursuit, incidemment :
As long as we’re talking about links, this seems like a pretty good opportunity to talk about a simple litmus test for paid links and how to tell if a paid link violates search engines’ quality guidelines.
Puisque nous parlons de liens, cela semble être la parfaite occasion pour parler d’un petit test préliminaire et comment on détermine si un lien acheté viole les règles de conduite des moteurs de recherche.
Et il poursuit :
If you want to sell a link, you should at least provide machine-readable disclosure for paid links by making your link in a way that doesn’t affect search engines.
Si vous voulez vendre un lien, vous devriez au minimum permettre aux moteurs de recherche de déterminer s’il s’agit d’un lien acheté en créant votre lien de telle façon qu’il n’affecte pas les moteurs de recherche.
Ces différentes méthodes étant entre autres :
- Une redirection via une page interdite aux robots par le fichier robots.txt
- L’utilisation de l’attribut rel=’nofollow’
- Un lien en JavaScript…
La encore, dire que les liens payants devraient êtres fait de façon à ne pas transmettre de poids à la page de destination n’est pas réellement nouveau, il en avait déjà parlé sur son blog. Son blog personnel comme il l’a souvent qualifié.
Et s’il nous en reparle aujourd’hui, c’est parce que :
I wanted to give a heads-up because Google is going to be looking at paid links more closely in the future.
Je voulais prévenir que Google va s’intéresser de plus près aux liens achetés dans le futur.
Dans son second billet, intitulé Comment rapporter les liens achetés, il nous explique qu’un formulaire dédié pour dénoncer auprès de Google les liens payant est prévu.
Et que, en attendant que ce formulaire existe, il est possible de les rapporter via le formulaire déjà en place pour dénoncer le spam.
Il suffit de faire un rapport et d’inclure le terme « paidlink » dans la zone de saisie, et ce rapport de spam sera traité en conséquence.
Il va jusqu’à nous donner des formulations type :
Something like “Example.com is selling links; here’s a page on example.com that demonstrates that” or “www.shadyseo.com is buying links. You can see the paid links on www.example.com/path/page.html” is all you need to mention.
Quelque chose comme : Example.com vends des liens. Voici la page sur example.com qui prouve que… » ou bien « www.seo-louche.com achète des liens. Vous trouverez ces liens sur cette page : url
Et il rajoute : c’est tout ce que vous avez à dire, cela suffit.
Personnellement, je trouve que c’est déjà pas mal.
Il nous explique que pour le moment ces rapports ont pour seul objectif d’augmenter leur base de connaissance afin de tester leurs algorithmes de détection de liens achetés ou vendus.
Pour le moment.
A mon sens, que Google cherche, grâce à ses algos, à déterminer et à différencier quels sont les liens achetés des liens « naturels », d’accord, c’est de bonne guerre, ils font ce qu’ils veulent avec leur index après tout.
Qu’ils demandent aux webmasters de les dénoncer, je trouve cela déjà plus douteux.
Mais ce qui pose problème surtout à mon avis, c’est que Google n’apparaît pas très cohérent sur ce sujet.
A l’origine, ils créent un algorithme qui se base sur les liens entre les pages pour déterminer la valeur de ces pages.
Puis vient le spam et autres techniques de SEO qui commencent à utiliser les « failles » de Google pour faire monter des pages artificiellement dans les résultats de recherche.
Alors Google dans sa grande sagesse, édicte des règles de conduites, dans lesquelles il stipule entre autres choses :
- Concevez vos pages pour les utilisateurs, et non pour les moteurs de recherche
- Vous pouvez également vous poser les questions suivantes : ces solutions apportent-elles une aide aux utilisateurs ? Aurions-nous fait appel à ces techniques si les moteurs de recherche n'existaient pas ?
En gros, faites comme si je n’existais pas, faites vos pages et ne changez rien pour moi. ( moi étant Google et son GoogleBot )
Puis il instaure l’attribut « rel="nofollow" » pour que justement on puisse ne pas fournir le même contenu aux internautes et aux moteurs.
Cet attribut étant originellement destiné à signifier aux moteurs qu’un lien ne devrait pas être considéré comme étant « approuvé » par le webmaster.
A la base destiné aux commentaires de blogs et aux contenus générés par les utilisateurs, Google nous demande aujourd’hui de l’utiliser pour les liens à caractère publicitaire.
Je dis « Google nous demande », mais il serait plus juste de dire « Matt Cutts, — sur son blog personnel qu’il a souvent défini comme tel — nous demande », car rien de tout cela n’apparaît dans les conseils aux webmasters officiels de Google.
Inutile de dire que ces posts sont en train de soulever un tollé chez beaucoup de webmasters et de SEO.
Aujourd’hui Internet et un business, beaucoup de gens gagnent leurs vies avec la vente et l’achat de liens textuel, que cela soit de simple webmasters, des SEO établis ou des sociétés marchandes comme (lien d’affiliation) Text Link Ads ou ReviewMe par exemple.
Sur les forums de Digital Point, où l’achat et la vente de liens vont bon train, on s’inquiète et se demande si toutes les transactions ne devraient pas désormais se faire en privé, comment la distinction entre liens achetés et liens volontaires pourra être faites à coups sûr par Google ?
QUID des annuaires payants (qui sont la norme sur le web anglophone), et là encore, c’est en contradiction avec ses fameux conseils aux webmasters de Google qui disent :
Communiquez votre site aux annuaires les plus influents, tels que Open Directory Project et Yahoo!, ainsi qu'à d'autres sites spécialisés.
Hors Yahoo! est un annuaire payant et beaucoup d’annuaires influents sont payants...
Pour résumé, on savait que Google n’aimait pas les liens achetés, il nous demande aujourd’hui
La question est : Pourquoi les webmasters devraient-ils aider Google à tuer leur business ?
Car qu’on le veuille ou non, qu’on l’apprécie ou non, aujourd’hui, Internet est un business avec des entreprises et des gens qui en vivent.
Et Google est bien placé pour le savoir, il vient de débourser 3.1 milliards de dollars pour l’achat de DoubleClick.
Et la question connexe est : Pourquoi Google demande t-il aux webmasters de l’aider ?
Michael Gray pense avoir la réponse dans son billet How can so many PHD’s be so wrong.
Pour lui, c’est parce qu’ils ne sont pas encore capable de discerner un lien naturel d’un lien payant, et qu’ils veulent créer « Fear, Uncertainity and Doubt » — de la peur, de l’incertitude et du doute — pour les y aider.
Cela sera tellement plus simple pour Google lorsque les webmasters lui mâcheront le travail.
Mais là encore, Google manque de cohérence, car comme le fait remarquer Aaron Wall sur ThreadWatch, Google continue d’accepter de diffuser des annonces AdWords pour ces mêmes entreprises qui font du commerce de liens texte.
S’il estime la pratique douteuse, pourquoi les accepter comme partenaires commerciaux.
D’autant que dans son billet, Matt Cutts joue les moralistes :
The other best practice I’d advise is to provide human readable disclosure that a link/review/article is paid. You could put a badge on your site to disclose that some links, posts, or reviews are paid, but including the disclosure on a per-post level would better
L’autre bonne pratique que je vous conseil est de fournir un avertissement pour les internautes stipulant qu’un lien ou un article a été acheté. Vous pouvez afficher un badge sur votre site disant que certains liens ou articles sont achetés, mais inclure cet avertissement pour chaque billet concerné serait encore mieux.
Et qu’est-ce qui permet à Google d’édicter à tous, un code de conduite, et de s’immiscer dans les pratiques commerciales des sites et de l’internet ?
Pour cette dernière question, j’imagine que la réponse est assez évidente.
Alors comme le dit Graywolf : “Fear, Uncertainity and Doubt” ou “It is a tale told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing” ?
dimanche 15 avril 2007 | 07:09, Sergi
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Commentaires
1. Le lundi 16 avril 2007 à 09:03, par Serval2a
2. Le lundi 16 avril 2007 à 13:44, par Sergi
3. Le mardi 17 avril 2007 à 09:52, par linkowich
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6. Le mardi 17 avril 2007 à 19:02, par evariste
7. Le mardi 17 avril 2007 à 20:33, par Sergi
8. Le mercredi 27 juin 2007 à 16:01, par fab
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