L'article est celui Lisa Barone intitulé : SMX Advanced Goes To The Dark Side.

Lisa reproche à l'évènement d'avoir fait la part belle aux techniques de référencement peu orthodoxes ou en tout cas en désaccord avec les guidelines des moteurs (et principalement de Google). Des techniques telles que l'achat de liens, les redirections conditionnelles et le cloacking, et sur un point plus général, de laisser entendre que le référencement et l'optimisation pour les moteurs de recherche, peut, dans une certaine mesure, s'affranchir de considérations éthiques.

Son point de vue est que le référencement ce n'est pas cela, qu'il doit plutôt être axé sur l'étude des statistiques (web analytics), l'architecture du site, l'approche sémantique ... et que le SMX de Seattle a clairement versé vers le black hat (ce qui n'est pas habituel pour ce genre de manifestation). Son article et son point de vue sont intéressants, mais plus encore ce sont les commentaires faisant suite à son billet, ou les partisans des deux approches défendent leurs points de vue.

Il y a quelques jours c'est tenu à Sophia Antipolis, à l'initiative d'Intellicore Tech Talks, une conférence, disponible en vidéo et intitulée : Stratégie d’optimisation et de visibilité de sites web.

Cette vidéo, deuxième de la série consacrée au référencement (la première abordait des notions relativement basiques, mais est néanmoins intéressante pour une première approche de ce qu'est l'optimisation pour les moteurs de recherche) est intéressante à plus d'un titre.

D'abord parce qu'elle aborde des techniques et des méthodologies plus pointues auxquelles des référenceurs ayant peu d'expérience ne penseraient pas forcément, moins évidentes, et aussi parce qu'elle est présentée par deux référenceurs ayant une approche de leur métier très différente:

Marie Pourreyron, d'Altiref et Nicolas Jean, de Nikozen référencement (et accessoirement créateur de l'excellent logiciel gratuit de suivi de positionnement SeoMiocheTool )

Et on retrouve dans cette vidéo, à travers les techniques abordées et prônées par chacun de ces deux référenceurs, les deux faces et approches du référencement faisant débat dans le billet de Lisa. L'une restant du bon côté de la ligne, l'autre n'hésitant pas à s'aventurer dans des zones plus obscures.

Le plus intéressant étant sans doute les justifications de chacun pour le choix de leurs techniques. Cela montre assez bien, s'il en était besoin, que la décision de s'en tenir à des techniques purement white hat ou au contraire de parfois franchir la ligne, n'est pas toujours évident et peut dépendre de nombreux facteurs.

Il est sûr qu'un référenceur travaillant pour le compte d'un client peut difficilement se permettre de mettre en danger, voir de plomber presque irrémédiablement, le site qu'il est supposé aider. (Même si certains ne s'en sont pas privés).

A contrario, un webmaster indépendant, optimisant ses "propres" sites pourra se permettre plus de libertés (dans la mesure ou il peut financièrement se permettre d'en perdre un ou deux sans trop de conséquences.)

De la même façon, la notion de compétence technique et d'expérience rentre en jeux. Certaines pratiques borderlines n'étant pas à la portée du premier dézippeur venu, requérant un bon niveau technique, une bonne compréhension du fonctionnement des moteurs, et une connaissance acquise par essai/erreur.

Il peu aussi y avoir une notion de nécessité. Utiliser des techniques risquant de mettre en danger un site est stupide pour effectuer un référencement correct dans certains secteurs d'activité peu compétitifs. Au contraire, comme l'explique Nicolas Jean, sur certaines niches ou la compétition est plus que rude, vouloir arriver à un résultat en s'en tenant uniquement aux guidelines de Google relève de l'utopie.

Puis la prise de risque que chacun est prêt a assumer: pour soi en tant que webmaster, pour sa crédibilité en tant que référenceur, ou le client (sous réserve qu'il soit correctement informé) en fonction des résultats qu'il souhaite obtenir.

Enfin, il y a l'éthique... Mais c'est presque un autre sujet, même s'il est abordé à la fois dans le billet et ses commentaires et dans la conférence cités plus haut.

De toute façon comme le dit si bien Michael Gray dans les commentaires, le recours au black hat, c'est la faute à Google :)

Bonne lecture et bonne vidéos à ceux qui ne les connaissent pas encore.